| Le syndrome podotrochléaire ou maladie naviculaire |
| Tourner un fer en 3 chaudes |
| Fréquence de ferrage ou du parage |
| Prochainement ... |
Le syndrome podotrochléaire ou maladie naviculaire![]()
Par C.-F. Baillod, maréchal-ferrant
Historique
Définition
Etiologie
Symptômes
Diagnostic
Thérapie
Historique
Le syndrome podotrochléaire ou maladie naviculaire est connu depuis le 18ème siècle et diverses
études ont été effectuées jusqu'à nos jours.
En 1940 dans une infirmerie militaire allemande, la maladie a été diagnostiquée chez 18% des
patients présentés pour boiterie. En 1962, sur 8340 chevaux entre 4 et 14 ans du dépôt
fédéral de l'armée suisse, 23,5% des chevaux présentaient des signes de la maladie.
En 1974, une étude dans 15 universités américaines et portant sur 89000 patients a révélé
que 12% des chevaux dans la tranche d'âge de 7 à 14 ans étaient touchés par le syndrome.
On s'aperçoit que 1 à 2 chevaux sur 10 sont touchés par la maladie naviculaire.![]()
Définition
Le syndrome podotrochléaire est une affection de l'os naviculaire et, ou des formations anatomiques environnantes
(tendon perforant, ligaments sésamoïdiens ou membranes synoviales). C'est une intolérance à
l'extension de l'articulation interphalangiennne distale.
Il est possible de différencier plusieurs formes de syndrome podotrochléaire :
· dégénérescence osseuse (déminéralisation)
· fracture suite à un mouvement important de rotation interphalangienne
· articulaire par distension des fossettes synoviales
· tendineuse associant des lésions du fléchisseur profond, une inflammation de la bourse podotrochléaire
et lésion de l'os en face palmaire - constitue un caractère de sévérité
· ligamentaire par lésions des ligaments sésamoïdiens collatéraux et distaux
· sclérosante par une condensation de l'os sésamoïde
· kystique par une zone de plus faible densité dans l'os sésamoïde, faisant souvent suite
à une forme tendineuse ou à une fracture
Cette maladie est la cause fréquente de boiterie intermittente (vice rédhibitoire) et peut affecter
les chevaux à partir de 4 ans. Elle atteint le plus souvent simultanément les deux membres antérieurs
et rarement les postérieurs. Il est également possible qu'un membre soit plus affecté que
l'autre.![]()
Etiologie
L'origine de la maladie provient de multiples facteurs pouvant se combiner. Les principales causes sont :
· un travail intense, saut d'obstacle pendant plusieurs années ou travail sur terrain dur et irrégulier
qui aggrave les chocs du pied contre le sol.
· une conformation droit-jointé (héréditaire) qui accentue les commotions sur la région
naviculaire.
· des petits pieds qui absorbent des pressions beaucoup plus importantes au centimètre carré.
· une mauvaise vascularisation de l'os suite à des surcharges, à une inflammation de la bourse
synoviale ou encore à des aplombs défectueux.
· un mauvais parage ou une ferrure inadaptée qui peut accentuer les pressions sur le petit sésamoïde.
· des effets vibratoires survenant lors de l'extension du doigt comme à la réception d'un
saut. Juste avant que le pied touche le sol, l'os sésamoïde distal effectue des micro-déplacements
dorso-palmaire durant quelques millième de secondes nuisant à l'innervation et à la vascularisation
de l'os naviculaire. Il vibre comme une masselotte suspendue entre trois élastiques jusqu'à ce que
le fléchisseur profond le plaque contre l'articulation 2-3 phalangienne.

La rectitude de l'axe interphalangien
est à rechercher. Lutter contre les
talons bas et pince longue.
![]()
Symptômes
Le cheval commençant à être atteint par le syndrome va raccourcir sa foulée, sans qu'il
ait signe de boiterie. Il sera moins confortable à monter car il réduit son allonge et sera moins
harmonieux à l'obstacle. Puis, afin de diminuer les pressions sur le tiers moyen de la fourchette, il s'efforcera
à poser en pince plutôt qu'en talons. On s'apercevra que le cheval use plus ses fers en pince et des
contusions en pince apparaîtront. Suite à ces contusions provoquant une douleur en pince, le cheval
pourra à nouveau s'efforcer d'atterrir en talons.
Alors, le cheval commencera à boiter de façon intermittente, moins en période de repos et
plus lors de travail intensif. Cette boiterie se manifestera du côté le plus atteint, la maladie naviculaire
affectant le plus souvent les deux membres. Elle se remarque le plus au pas et au trot, elle est accentuée
en terrain irrégulier par les pressions du sol sur la fourchette ou sur une volte avec le pied le plus atteint
à l'intérieur. Elle peut être confondue avec une boiterie des épaules.
Le cheval atteint de maladie naviculaire a ses pieds qui changent de conformation, la sole se creuse et le pied
se resserre. Une encastelure est souvent présente. Le cheval peut aussi prendre une attitude caractéristique
en tenant le membre le plus affecté en avant et sur le côté afin de le soulager.

Attitude caractéristique pour soulager
le membre le plus affecté (Cheval Santé 12/99)
![]()
Diagnostic
Pour diagnostiquer la maladie naviculaire, différents moyens sont utilisés :
· observation des symptômes
· test de la planche (test d'extension interphalangienne)
· examen du pied à la pince exploratrice
· anesthésie des nerfs digitaux propres palmaires
· anesthésie de la bourse podotrochléaire (méthode risquée, possibilité
d'infection de l'articulation)
· radiographies

Test de la planche (Cheval Santé 12/99)
![]()
Thérapie
La maladie naviculaire est incurable et irréversible. Les traitements administrés ne sont que palliatif.
Ils visent à limiter l'évolution de la maladie et à offrir un meilleur confort de locomotion
au cheval. Selon les cas et d'après le stade de la maladie, on aura recours à différents traitements
:
· traitements médicamenteux (antalgique, anti-inflammatoire, anticoagulants, vaso-dilatateurs)
· traitements chirurgicaux (névrectomie du nerf digital propre - en dernier recours -, desmotomie
des ligaments sésamoïdiens collatéraux médial et latéral)
· parage et ferrure correctrice (fers en œuf, fer à planche, Equi+ full rolling)
· adaptation du travail![]()
![]()
Selon la complexité du fer à forger, il faut plus ou moins de chaude. Pour un fer postérieur avec rétreint, on utilisera plutôt 4 à 5 chaudes. Je vais présenter le forgeage d'un antérieur en 3 chaudes. (Cliquez sur les images pour voir les animations)
1ère chaude
Casser les angles du lopin
Tourner la 1ère branche
Les mêmes opérations sont effectuées pour la deuxième branche
2ème chaude
Faire les 8 étampures, percer les étampures, reprendre les rives du fer, faire les contre-perçures
3ème chaude
Tirer le pinçon et reprendre les rives![]()
![]()
Fréquence de ferrage ou du parage
Prochainement ... conséquences physoliogiques du renouvellement tardif du ferrage ou du parage.